Encore un pti' interview de Benoit par
Aline , merci !
Benoît Costil :
« Jouer pour franchir un palier » Benoît Costil est rentré de son stage avec l'équipe de France espoirs enchanté. Le jeune gardien caennais était appelé pour la première fois avec cette sélection et estime avoir beaucoup appris durant ces dix jours passés en compagnie d'une partie des meilleurs jeunes français. Il a notamment constaté que la différence entre lui et les deux autres gardiens présents ne tenait qu'à une chose : le temps de jeu. Pour Benoît Costil, il n'y a pas de doute, pour franchir le palier, il faut jouer. L'élimination en Coupe de la Ligue risque de compliquer la donne mais le Caennais pur souche conserve intacte sa motivation en vue « d'aller le plus loin possible ».
Ton objectif durant ce stage avec l'équipe de France espoirs était d'apprendre, de progresser : qu'as-tu retenu durant ces dix jours ?Déjà, ce stage avec les Espoirs récompense le travail qu'on fait tous les jours. Ensuite, en sélection on retient plein de choses. Ça permet d'emmagasiner un peu de confiance, de s'entraîner avec des joueurs de haut niveau, même s'il y a de très bons joueurs à Caen, il n'y a pas de souci de ce côté-là ! On apprend les petits vices, les « trucs » des attaquants, plein de petites choses. On regarde, on écoute, on apprend des autres gardiens. C'est aussi enrichissant dans la vie de tous les jours. Je repars de ces dix jours vraiment satisfait. Collectivement, j'espérais que ça se passe mieux mais personnellement, ça s'est plutôt bien passé dans l'ensemble.
Tu as pu t'entraîner avec Geoffrey Jourdren et Stéphane Ruffier, qui ont l'habitude de jouer au haut niveau (Montpellier pour le premier cité, Monaco durant l'absence de Roma pour le second). Tu as donc pu voir la marge de progression par rapport à eux, comment juges-tu l'écart qu'il y a actuellement entre eux et toi ?Je ne jugerai pas Geoffrey ni Stéphane Ruffier parce que ce n'est pas mon rôle et ce sont des joueurs que j'aime bien et que je respecte, mais la marge qu'il y a, c'est simplement le temps de jeu avec les pros. Geoffrey joue tous les week-ends avec Montpellier, Stéphane Ruffier a joué en septembre parce que Roma était blessé. Le palier à franchir, c'est jouer.
Tu as fait toutes les sélections nationales chez les jeunes mais tu as été un temps sans être appelé. Ça t'a manqué ?Oui, forcément, car la sélection nous permet de voir autre chose, ça nous fait prendre l'air. On porte le maillot bleu, c'est quand même quelque chose, c'est ce qui se fait de mieux ! En plus, je n'avais pas l'habitude de ne pas aller en sélection. Mais on revient au même problème. Pour aller en Espoirs, il faut jouer, ce qui n'est pas mon cas. C'est donc normal si je n'y suis pas allé précédemment. Là j'ai été appelé sans jouer avec mon club, c'est vraiment bien.
Les deux gardiens qui étaient là, ainsi que Hugo Lloris, l'habituel titulaire actuellement blessé, ont un an de plus que toi. Tu sembles donc en « pôle position » pour leur succéder.Ça, je ne sais pas ! C'est le choix du sélectionneur. Le championnat d'Europe aura lieu en 2009 et d'ici là, il va se passer des choses, c'est certain. Tout peut aller très vite. Il est clair que mon but est de retourner en sélection. J'ai envie d'être à l'Euro. Si j'ai participé à ce stage avec l'équipe, ce n'était pas pour faire de la figuration, chanter une chanson et amuser la galerie. Ils ne m'ont pas pris non plus pour me faire plaisir. J'étais là-bas pour travailler, montrer ce que je sais faire et leur prouver qu'ils avaient eu raison de me faire confiance en me sélectionnant dans l'effectif, même s'il y avait un gardien blessé et que Geoffrey n'était pas là lors du premier match (ndrl : il avait été laissé à la disposition de son club).
Cette sélection, c'est aussi une belle marque de confiance et ça prouve que tu fais partie des meilleurs gardiens de ta génération en France.Je sais que j'ai la confiance des gens de la Fédération, ça me fait du bien et m'incite à travailler encore plus. J'ai envie de les récompenser de cette confiance qu'ils mettent en moi. C'est sur que pour y répondre, ça serait plus facile de jouer en club. Je vais tout faire pour.
Tu as parlé de la chanson que tu as dû chanter, « Les Champs-Elysées », ça s'est bien passé ?Ça a été ! Ils m'ont fait recommencer car la première fois, ce n'était pas très juste ! C'était un moment sympa. Ce bizutage m'a fait rire aussi donc c'était très bien !
Tu n'as pas été trop déçu de l'élimination en Coupe de la Ligue ? Pour toi, cette compétition était l'occasion de briller et de te faire remarquer, comme l'avait fait Vincent Planté en 2004-2005.Chaque cas est différent. Je suis toujours déçu de perdre, je suis un compétiteur, j'ai envie de gagner. Je ne me suis pas dit « c'est Lyon, on va jouer et après ce sera fini ». On jouait pour gagner ce match, même s'il y avait beaucoup de jeunes sur le terrain. J'étais donc forcément déçu mais j'ai tiré beaucoup d'enseignements de ces deux matchs, je me suis senti de mieux en mieux. Après, tout n'a pas été parfait, c'est vrai, mais c'est de mieux en mieux. Je ne jouais pas en me disant « je vais briller ». Je me suis dit : « fais des choses simples, joue ton jeu ». Pour briller, il faut avoir les ballons pour ça de la part des attaquants. Sinon, c'est impossible. Dans l'ensemble, je sors plutôt content de ces deux matchs. Je me sens mieux. Un gardien a besoin d'une série de matchs, pas seulement un ou deux matchs de temps en temps, pour être au niveau et être en confiance. Sur un match, il peut tout se passer. Vous pouvez le rater et vous déchirer complètement comme vous pouvez tout exploser. Mais pour cela, je me répète, il faut avoir les ballons...
Il ne reste plus que la Coupe de France, puisque c'est peu probable que tu joues en championnat. Comment trouves-tu la motivation dans ce cas ?Je suis motivé tous les jours, que je joue ou que je ne joue pas. J'ai envie de faire la carrière que je dois faire, aller le plus loin possible, ne pas avoir de regrets. C'est pour ça que je travaille aujourd'hui, que je me dépouille aux entraînements. Je n'ai que 20 ans, je ne suis pas en retard. Les gens se disent « en championnat, c'est mort, il ne jouera jamais ». Peut-être, mais peut-être pas. Je n'ai pas la réponse mais tout peut arriver. Je ne souhaite pas le malheur des autres, qu'ils aient des méformes ou des blessures, au contraire, je souhaite le bonheur des gens, mais on ne sait pas ce qui peut se passer. Si je ne joue pas, c'est vrai qu'il y a la Coupe de France. J'essaierai encore d'apprendre et de faire ce que j'ai à faire, tout simplement.