Benoît Costil est-il poursuivi par la poisse ?
Ligue 1. Exclu à Lille, le portier remplaçant caennais n'est décidément pas verni. Il joue peu, s'y ajoute la malchance quand il a une opportunité.
Longtemps, Benoît Costil a été marqué au fer rouge, ressassant de sales souvenirs, ceux d'une soirée de Coupe de France cauchemardesque à Valenciennes il y a deux saisons. Puis, le jeune homme a avoué que cette prestation ratée l'avait aidé à grandir, avait forgé son caractère, décuplé son envie de bien faire.
Costil veut montrer qu'il a du talent, et tient à le faire sous un maillot caennais qu'il chérit plus que tout. Mais le gardien remplaçant normand n'est décidément pas verni. Il a passé toute l'année dernière sur le banc. Planté tenant la grande forme, bon et jamais blessé. Le grand ch'ti n'a pas manqué un match de championnat de Ligue 2 en 2006-2007, Costil a dû se contenter de quelques matchs de coupe.
Encore plus délicat en ce début de saison d'espérer détrôner un Planté hors norme, sur un nuage, auteur d'une première phase de championnat exceptionnelle. Seul espoir d'avoir sa chance ? Une blessure du titulaire. Elle est venue en janvier (contracture), obligeant le gardien formé à Cannes à une coupure de trois semaines. Costil n'a d'abord pas pu saisir l'opportunité, ayant profité de la trêve pour opérer et nettoyer un coude douloureux. « Je n'avais pas le choix, cela me faisait trop mal », expliquait le malheureux jeune homme qui avait dû laisser Thébaux prendre le relais. Rétabli, il a eu sa chance, enfin, contre Auxerre à d'Ornano (0-0), puis à Marseille. Au Vélodrome, le gardien numéro 2 normand a vécu un calvaire encaissant 6 buts en une heure de temps, dernier rempart d'un collectif littéralement assommé.
« J'espère avoir mangé mon pain noir »
Retour au poste à Lille, Planté obligé de rester en Normandie du fait d'une infection urinaire. Nouvelle soirée cauchemardesque. Une raclée pour l'équipe, une exclusion pour son gardien à l'heure de jeu. Et pourtant, Costil n'a pas grand-chose à se reprocher. Il avait remarquablement entamé la soirée avec une superbe parade sur une frappe d'Obraniak, un prompt jaillissement devant Mirallas, et ne pouvait rien sur les deux premiers buts nordistes. Et l'exclusion ?
Mirallas était hors jeu au début de l'action et Costil affirme n'avoir pas touché l'attaquant et n'est pas du genre menteur. « Je ne l'ai pas effleuré et lui-même m'a dit qu'il avait joué son rôle d'attaquant (en plongeant), pestait Costil au micro de nos confrères de France Bleu et Vire FM après match avant de remonter dans le bus. Ça va vite, c'est dur pour l'arbitre mais il n'y a pas faute. Et je me dis que je mets quand même l'équipe en difficulté et je suis aussi désolé pour Lilian (Compan, qui l'a suppléé dans les buts), ça a gâché sa mi-temps ».
Le début de carrière de Benoît Costil n'est pas un long fleuve tranquille, les événements n'épargnent pour l'instant pas le Caennais de souche. Sûr quand il se sera fait une place de titulaire, à Malherbe ou ailleurs, il aura aussi renforcé sa carapace, il ne peut en être autrement tant il n'a pas été épargné par le sort. « J'espère avoir mangé mon pain noir », glisse le portier normand. C'est tout ce qu'on lui souhaite.