Benoit et VA
Dès le coup de sifflet final, il a couru, seul, vers le tunnel menant au vestiaire. Il s'y est engouffré en hâte, comme pour quitter cette pelouse maudite. Ce but où il n'avait pu bloquer un ballon, rebondissant sur sa poitrine et amenant Thiam à accrocher Dufresne pour le penalty de l'égalisation. Et cette frappe anodine du même Dufresne, rebondissant devant lui, mais qu'il laissa filer dans ses filets pour un 2-1 synonyme d'élimination à la 88e minute.
Benoit Costil a commis des erreurs de jeunesse. S'est encore mis trop de pression sur ces 90 minutes où il pense avoir tout à prouver, dans sa quête du costume de gardien n°1. Mais le jeune portier caennais, 19 ans, a eu le cran d'endosser ses responsabilités : « J'assume mes erreurs. J'en suis désolé pour l'équipe, pour Brahim (Thiam) qui prend un carton rouge de ma faute. »
Costil aurait pu se réfugier derrière la présence de Dufresne et Thiam sur le 1er but : « Il a sans doute eu un peu peur au moment de sa prise de balle, note le défenseur caennais. Mais à Chantilly, il sort un arrêt qui prive notre adversaire d'un espoir de retour. » Il aurait également pu avancer l'argument des « ballons glissants » , dixit Dufresne, dont le portier Penneteau n'a pas été impérial non plus sur la frappe de Samson : « A la décharge du gardien, ils ne sont pas faciles à contrôler, surtout avec la pluie. » Costil a plaidé coupable. Il n'avait d'autre alternative. Mais la doublure de Planté, qui discute contrat avec Caen actuellement, entend « rebondir. » « Je dois me servir de cette soirée. C'est comme cela qu'on avance. On en reparlera dans deux ou trois ans. »
Benoit Costil sera sans aucun doute un très grand gardien. Samedi, il a juste vécu une sale soirée.